Le Qi Gong et DaoYin

Qì gōng ou dǎo yǐn (導引)?

Sous le terme générique de qì gōng on désigne des pratiques très diverses, bien que toutes visent à réguler le corps, le cœur et la respiration. Selon la pratique étudiée, le travail privilégiera les mouvements, la respiration, les postures, la méditation. Quoi qu’il en soit, dynamique ou statique, la pratique vise à favoriser et renforcer la circulation du qì.

sl07_36Dans le dǎo yǐn (conduire attirer), l’accent est mis sur la nécessité d’attirer le qì pathogène, pervers (xié qì) se trouvant à l’intérieur du corps, à le suivre et enfin à l’attirer pour le faire sortir. Il s’agit bien, à l’origine, d’une technique pour expulser les forces pathogènes, pour chasser le mal.

Le dǎo yǐn prend probablement sa source dans les danses chamaniques de la Chine archaïque. De là, il glissera progressivement vers des méthodes thérapeutiques liées à la médecine chinoise et il semble bien établi comme tel, dès le IIIème siècle avant notre ère. Cf. le site funéraire de Mawangdui : tertre funéraire (duī 堆) du Prince (wáng 王) Ma (mǎ 馬).

Aujourd’hui, le dǎo yǐn recouvre une multitude de méthodes qui mettent l’accent sur le mouvement afin de libérer et de conduire le qì. C’est, par exemple, le cas pour les méthodes mises au point par le professeur ZHANG Guang De, de l’institut d’éducation physique de Pékin. Ces méthodes utilisent la théorie des méridiens d’acupuncture ainsi que les principes du yǎng shēng (養生), nourrir la vie (ou le vivre).

Il faut ajouter également les diverses pratiques inspirées par les mouvements des animaux. Dans un texte très ancien, le Baopuzi, on peut lire ceci :

« Si l’on sait conduire le souffle () à la manière du dragon, l’attirer et le faire circuler comme le tigre, s’étirer comme l’ours, avaler le souffle comme la tortue, voler comme l’hirondelle, se lover comme le serpent, s’étirer comme l’oiseau, s’étendre vers le ciel, se courber à terre…on vivra longtemps ».

La méthode des cinq animaux mise au point par le fameux médecin et chirurgien HUA Tuo (141-208) est à l’origine de nombreuses variantes, l’une d’entre elles constituant une des formes officielles en Chine.

Les qì gōng enseignés par l’ « Association Les Trois Trésors » sont classés comme dǎo yǐn.

[Pour approfondir ce thème, lire « la gymnastique dǎo yǐn dans la Chine ancienne » de Catherine DESPEUX Études chinoises vol. XXIII ; on trouve les textes de cette revue à l’adresse suivante : http://www.afec-etudeschinoises.com/ ]