Le Qi Gong

Qu’est-ce que le qì gōng? (氣功)

Définition

Le terme qì gōng, très peu employé en Chine avant les années 1950, a été proposé par le professeur LIU Gui Zhen, directeur du centre médical de Beidaihe afin de désigner, par un seul terme, un ensemble de méthodes, très disparates, d’entrainement du corps.

Reprenons sa définition, publiée en 1952 : « le caractère qì (氣) signifie ici la respiration ; le caractère gōng (功) signifie l’entrainement continu à la régulation de la respiration et de la posture (…) ». Le même ouvrage, publié en 1982 élargit cette définition du qì gōng : « …bien que les différentes méthodes aient des noms différents, elles se fondent toutes sur les techniques d’entrainement du corps, de la respiration et de l’esprit pour cultiver les souffles droits –ou corrects– (zhèng qì[1]), (…). Dans l’entrainement du qì gōng, on peut renforcer ces souffles droits (…) ; l’abondance des souffles droits renforce globalement l’état corporel et augmente les fonctions des organes et viscères, permettant ainsi une hygiène de longue vie. Le gōng du qì gōng désigne la virtuosité gōngfu (功夫). Sans cette virtuosité, la pratique du qì gōng ne peut apporter de bon résultat ».

wds07_028Ainsi, l’accent est mis sur le qì gōng en tant que prévention des maladies et renforcement de la santé (cf. qì gōng et santé).

C’est un travail (gōng) qui s’adresse à l’être dans sa totalité (et non à une ou plusieurs parties du corps comme dans la gymnastique).

Pratique

Les exercices sont pratiqués en position debout, assise ou allongée : « on se tonifie et on se régularise par les exercices assis, on se rééquilibre et on se repose par les exercices allongés, on se relie et on se déploie par les exercices debout ». [Docteur Jean-Marc EYSSALET.]

A qui s’adresse le qì gōng ?

Le qì gōng a de multiples applications possibles. Outre son utilisation dans la médecine Chinoise (cf. qì gōng et santé), il s’adresse plus particulièrement aux personnes qui souhaitent prendre soin de leur santé, dans une optique préventive, ou qui cherchent à augmenter leur endurance dans la vie active.

Le qì gōng s’adresse également aux personnes désireuses d’améliorer leur rapport au monde et aux autres, mais aussi aux personnes qui sentent le besoin de mieux se connaître soi-même.

Le qì gōng est également une discipline qui peut compléter une activité sportive. Sa pratique régulière est aussi l’occasion de procurer une détente globale du corps.

Concluons avec Bruno LAZZARI :

« …le qì gōng reste avant tout une démarche, un cheminement concret, engageant l’être dans sa totalité (unité, globalité) et dont les secrets ne résident pas seulement dans les théories transmises par les maîtres et les textes mais bien dans l’intimité d’une pratique régulière et de ses prolongements dans la vie quotidienne ».

Mais, toujours avec Bruno LAZZARI, rappelons pour finir, que si le qì gōng peut se pratiquer à tous les âges, cette pratique est loin d’être anodine. Soutenue et plus profonde, elle peut produire des effets, des changements, voire des transformations qui peuvent se révéler perturbatrices. Il conviendra alors, d’ajuster, d’adapter et parfois de stopper la pratique.

Nous conseillons, pour les élèves débutants, les livres suivants :

  • KE Wen : « Entrez dans la pratique du qì gōng » ; Ed. Le Courrier du Livre.
  • Docteur JIAN Liujun : « Dao de l’Harmonie, Quintessence du qì gōng » ; Editions QUIMETAO.

[1] Ce terme générique sert à désigner le qì sain de l’organisme, qui suit les règles et les échanges harmonieux du yin-yang par opposition à un qì dévié, troublé, pervers (xié -邪)