Qi Gong et Santé

Qì gōng et santé

Lorsqu’on prononce le mot « santé », vient aussitôt, en arrière-plan, comme sous-jacent l’idée de soins, de médication et donc de thérapeute.

Or, le pratiquant de qì gōng, au fur et à mesure qu’il s’exerce, découvre qu’il agit lui-même sur son être propre, sur son corps, ce dernier compris comme « la totalité des facultés, des ressources et des forces, connues et inconnues de nous, qui portent notre activité », selon la très belle définition du sinologue Jean-François BILLETER.

Si l’on veut bien comprendre ce qui relie Qì gōng et santé, il faut se souvenir que selon les principes fondateurs de la médecine chinoise (qui n’est traditionnelle qu’à nos yeux d’occidentaux à la recherche d’exotisme), la santé n’est pas l’absence de maladie. Elle est un équilibre dynamique entraînant un mieux être, un accroissement progressif de nos facultés et de nos possibilités.

Ainsi, les principes fondateurs de la médecine chinoise élaborent rien moins qu’une façon de voir le monde et d’apprendre à y vivre. La santé ainsi définie est au centre de toutes les préoccupations de la médecine chinoise qui emploie différentes pratiques et techniques issues de l’approfondissement des moyens physiologiques par lesquels nous subsistons, entretenons et exprimons notre vie.

  • La Respiration: les arts de la respiration sont au centre de toutes les autres pratiques, ils interviennent dans tous les nettoyages énergétiques et corporels ; ils agissent profondément sur les troubles psychiques.
  • L’alimentation: inséparable de la respiration sur laquelle elle agit et qui la transforme. Les aliments sont aussi saveurs, liquides, formes, vitalité.
  • Le Mouvement, le Geste: les arts de régulation énergétique par l’expression corporelle sont nombreux et souvent mal compris. [C’est ici que se place le qì gōng]. Leur but essentiel n’est ni d’obtenir une haute technicité, ni d’offrir un spectacle esthétique [Cf. qì gōng et gymnastique]. Les arts du mouvement engagent la totalité de la personne ; ils constituent des invitations concrètes de rééquilibration de l’être tout entier par lui-même ; ils ne sont dons pas essentiellement des exercices « corporels ».
  • Les Massages: techniques d’intervention plus dirigées et plus ponctuelles.
  • La Pharmacopée: ses théories de base ne sont pas essentiellement différentes de celles de la diététique. Elle recèle de grands trésors et pourrait bien prendre une place d’importance croissante dans les recherches associant actuellement médecine orientale et occidentale.
  • La Parole: c’est à la personne tout entière qu’elle s’adresse, pas seulement à son intellect, à sa tête. En énergétique, on parle avec le corps tout entier, et c’est aussi au corps vécu qu’on s’adresse. La parole, comme les rêves, voyage et circule dans les différents étages du corps énergétique.
  • L’Écoute silencieuse: toutes les formes de recueillement, voire de méditation, constituent la base, la trame de fond de la démarche traditionnelle. On écoute d’abord, on écoute longtemps ce qui arrive spontanément et se signale dans l’instant en notre conscience par la sensorialité[1][Selon le Docteur J-M EYSSALET : « Les 5 chemins du clair et de l’obscur »]
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pratiquants QiGong dans un parc de ShangHai

Les arts du mouvement, dont le qì gōng est peut-être le représentant le plus ancien, « constituent des invitations concrètes de rééquilibration de l’être tout entier par lui-même ». En cela, ils permettent de préserver sa santé (d’où l’appellation de bǎo jiàn ()= protéger ; ()= santé ; bǎo jiàn caractérisant de nombreuses techniques de qì gōng). Lorsqu’on aborde les soins par le qì gōng, c’est-à-dire les pratiques de guérison, il faut alors faire référence au monde médical ou s’adresser à des enseignants formés à la médecine chinoise (ce qui était le cas, traditionnellement, lorsque les Maîtres transmettaient leurs connaissances à un ou plusieurs disciples soigneusement choisis).

Un dicton chinois affirme :

« Pour soigner une maladie il faut un grand Médecin et pour garder la santé un grand Maître ». La demeure de ce grand Maître ne serait-ce pas votre propre corps ?

NB : Les pratiques apprises à l’Association Les Trois Trésors n’ont pas pour but de soigner ni de guérir. Nous les enseignons dans l’esprit de protéger, entretenir la santé. Les élèves qui souhaitent utiliser les mouvements comme une thérapie doivent donc s’adresser à un médecin habilité à donner des soins.

En savoir un peu plus sur les relations historiques entre médecine et qì gōng ?

[1] Cela pourrait être la règle n°1 pour tout pratiquant de qì gōng.