Le Qi Gong

Le qì gōng, une gymnastique ?

« Du grec γ υ μ ν α σ τ ι κ ο ́ ς  qui concerne les exercices du corps ; la gymnastique est une discipline qui a pour but de développer, fortifier et apporter de la flexibilité et de la souplesse au corps moyennant des routines d’exercices physiques. Ces exercices peuvent être menés à des fins de compétition, tels que le sport, ou de loisir. L’exercice physique est recommandé pour améliorer la qualité de vie, dans la mesure où non seulement il fait du bien à la santé et à la sensation de bien-être, mais aussi à améliorer la forme physique de la personne. » C’est ainsi que la plupart des sites consacrés à la gymnastique en définissent les vertus.

Notons, au passage, que « développer, fortifier et apporter de la flexibilité et de la souplesse au corps moyennant des routines d’exercices physiques », exige de la part de l’exécutant, du « gymnaste », des efforts musculaires tels que sa consommation d’oxygène en est significativement augmentée (plus ou moins selon l’effort requis).

Or, selon la physiologie Chinoise, cette nécessité d’oxygénation des muscles, correspond à une dépense importante d’énergie ou de qì (氣). Si l’on se rappelle (cf. qì gōng et tài jí quán) que le qì gōng cherche à renforcer et à concentrer le qì, la dépense, la dispersion de ce dernier, provoquée par des exercices intenses tels que la gymnastique (même la « douce »), est en contradiction avec le but du qì gōng.

gym suedoiseEnfin, et non sans importance, la gymnastique est, aujourd’hui, une activité tournée essentiellement vers une pratique sportive dans un but affiché et revendiqué de compétition. Cette notion de compétition est propre à la civilisation occidentale contemporaine et en opposition avec la pratique classique des arts énergétiques Chinois.

On n’oubliera pas, cependant, que si la gymnastique vise à fortifier le corps, et que sa pratique est souvent recherchée dans un but esthétique, ces mêmes effets (renforcer le corps et le rendre plus beau) sont souvent constatés chez les pratiquants de qì gōng. Mais dans ce cas, il s’agit d’un résultat obtenu par surcroît et non d’un effet recherché !

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NB : il ne faut pas, cependant, être plus royaliste que le roi. Ici, comme dans toute autre discipline, trop de rigueur nuit à l’esprit dans lequel on pratique. Bien sûr, la gymnastique, la musculation, la natation, en fait, tout exercice qui s’appuie sur la force musculaire et/ou qui vise à l’assouplissement du corps, n’est pas incompatible ni contradictoire avec la pratique du qì gōng. Ces divers exercices corporels peuvent aider l’élève à exécuter des mouvements physiquement difficiles, mais, en aucun cas ils ne facilitent ni se substituent aux mouvements du qì, ceux-là même recherchés lors de l’apprentissage et de la pratique du qì gōng. Les transformations-métamorphoses (variations) biànhuà 變化  du corps énergétique sont accessibles à tous, aux « hercules » comme aux « gringalets », même sans l’intermédiaire de l’entrainement gymnique. La gymnastique peut être une aide, elle est souvent un obstacle si l’on s’y soumet.

Pour aller plus loin, ne ratez pas l’article plein d’ironie et d’humour de Georges CHARLES : http://tao-yin.fr/gym-suedoise-et-tao-yin/ dont nous avons extrait quelques unes des informations ci-dessus.